Depuis le temps que j'y pensais, je me suis enfin décidée à fabriquer ma lombricompostière (ou lombricomposteur ? c'est au choix, le mot n'est pas encore dans le dico !). Avant de me mettre au bricolage, j'ai du braver quelques obstacles récurrents, parmi lesquels :

- les doutes (tout à fait légitimes) de mon entourage : est-ce vraiment utile ? Que feras-tu de tout ce lombricompost, toi qui n'as pas de jardin ?
- les craintes : les vers ne risquent-ils pas de s'échapper et d'envahir l'appartement ? Ce n'est pas un peu sale ? Ca ne risque pas de sentir mauvais ?
- le coût d'acquisition d'une lombricompostière et de ses habitants : les lombricompostières du commerce sont belles, discrètes et pratiques, mais un peu chères ...quant aux vers de terre, ça me fait bizarre de devoir les acheter alors qu'on peut en trouver à foison dans n'importe quel compost ou tas de fumier.
- le temps nécessaire pour mettre en place ce système et l'entretenir par la suite

En ce qui concerne les 2 premiers points, j'étais déjà moi-même largement convaincue par ce procédé : écologique (quand on pense qu'on pourrait réduire nos poubelles de 40% au moins en recyclant nos déchets organiques), économique (et créateur de richesse ...organique !), nutritif et fertilisant (pour les plantes, en tant qu'engrais et protecteur totalement naturel et hautement efficace), solidaire (en cas de surproduction de lombricompost, on peut en offrir à ses amis, parents, voisins etc ...). Bref, les atouts du lombricompostage sont infinis !

Quant au dégoût souvent inspiré par les vers de terre, rien à craindre : ces petits animaux sont d'excellente compagnie, utiles et même indispensables à la restructuration des sols et à la formation d'humus (il n'y a qu'à voir l'état des sols dont toute vie a été éliminée par l'usage intensif de pesticides), photophobes (ils détestent la lumière, donc pas de risque qu'ils aillent voir ce qui se passe dehors) et très gourmands (ils peuvent manger quasiment leur poids en déchets, et grâce aux enzymes de leurs intestins, supprimer l'odeur de décomposition pour ne laisser au final qu'une agréable odeur de sous-bois).

Je me suis donc dit que le meilleur moyen de convaincre ceux qui doutaient encore était de leur faire une démonstration concrète de mon projet !

Pour les 2 autres points, j'ai assez rapidement résolu le problème en me décidant à mettre mes (plus très) blanches mains à contribution pour bricoler une lombricompostière "home made", unique en son genre ! J'ai ensuite profité d'un week-end à la campagne pour ramasser quelques vers à compost sous un tas d'herbes en décomposition (de l'espèce "eisenia foetida", à ne pas confondre avec les lombrics qui vivent plus profondément sous terre et s'occupent surtout d'oxygéner le sol) , ainsi qu'un bon paquet de litière de forêt.
Et si j'avais su que cela serait aussi facile et rapide à construire, je l'aurais fait beaucoup plus tôt !

Démonstration en photos ci-dessous :

Tout d'abord, j'ai trouvé (presque) par hasard, un contenant qui m'a paru tout à fait adapté et tant qu'à faire, beau et original (quitte à bricoler, autant sortir des standards !). Cette cuve en inox (à la base un brasero), possède un couvercle muni d'une "cheminée" (l'aération est indispensable pour que le lombricompostage fonctionne). Au fond, j'ai percé quelques trous et placé un récipient en-dessous pour que le lombricompost liquide (le "jus" qui est produit avant le compost solide) puisse s'écouler.

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Et voici l'intérieur : une passoire très fine (pour que les vers ne tombent pas) surélevée grâce à un support (la grille du brasero), que j'ai remplie, du bas vers le haut, de :
- une couche de litière de forêt (terre, feuilles et petits branchages) assez humide
- les vers de terre dans leur habitat "naturel" (je les avais gardés à l'abri dans le tas d'herbes et de terre dans lequel je les ai trouvés)
- une couche de feuilles sèches

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Et comble du luxe : on peut même observer ce qui se passe à l'intérieur grâce à une trappe en façade ! (sans oublier de la refermer après pour laisser les vers dans l'obscurité). Pour éviter tout risque de fuite et surtout pour éviter l'intrusion de moucherons, j'ai fixé des morceaux de tulle sur tous les orifices.

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Et voilà, il ne me reste plus qu'à attendre que mes chers locataires s'habituent à leur nouvelle demeure et qu'ils se mettent à se reproduire (car pour l'instant, ils ne sont pas assez nombreux pour manger toutes nos épluchures). Normalement, il faut attendre une bonne quinzaine de jours avant de commencer à les nourrir ...patience...la suite au prochain épisode !